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LA FONDATION CASTELL DE PERALADA A REMIS À LA COMPOSITRICE HELENA CÁNOVAS LA DISTINCTION DE LA II ÉDITION DU CARMEN MATEU YOUNG ARTIST EUROPEAN AWARD OPERA & DANCE

LA FONDATION CASTELL DE PERALADA A REMIS À LA COMPOSITRICE HELENA CÁNOVAS LA DISTINCTION DE LA II ÉDITION DU CARMEN MATEU YOUNG ARTIST EUROPEAN AWARD OPERA & DANCE

La compositrice Helena Cánovas Parés a reçu, lors d’une cérémonie organisée au Musée d’art contemporain de Barcelone le prix Carmen Mateu Young Artist European Award, Opera & Dance. Convoquée par la Fondation Castell de Peralada, la distinction de cette deuxième édition était adressée aux jeunes compositeurs d’opéra. Dotée de 30 000 euros au titre de commande d’un nouvel opéra de poche, elle sera présentée durant l’édition du Festival Castell de Peralada 2024 et, ultérieurement, dans le cadre des programmations du Grand Théâtre du Liceu de Barcelone et du Teatro Real de Madrid, comme coproducteurs de l’œuvre.

Institué en 2019 avec la mission de donner support à la création des artistes émergents dans les domaines de la danse et de l’opéra, le Carmen Mateu Young Artist European Award est un prix multidisciplinaire avec un signe distinctif qui est décerné chaque année, en alternant les deux catégories principales du Festival Castell de Peralada. Son but est également de perpétuer la mémoire et le legs de Carmen Mateu, mécène et alma mater du festival de l’Ampurdan.

Isabel Suqué Mateu, présidente de la Fondation Castell de Peralada, a déclaré au cours de son intervention « nous rendons hommage avec ce prix à la mémoire et au legs d’une enthousiaste mécène culturelle, mais c’est aussi la continuité d’un projet familial qui défend l’art comme moteur de dialogue dans notre société». Elle a ajouté « bien que les derniers mois n’aient pas été faciles pour le secteur, nous avons travaillé dans la conviction que, maintenant plus que jamais, nous ne pouvons pas laisser de côté des projets qui, comme celui-ci, contribuent à la progression de la carrière professionnelle d’un jeune artiste ».

La deuxième édition de ce prix qui a ouvert la période de réception des candidatures du 27 novembre de 2020 au 28 février 2021, a pu compter sur un jury de renom formé par la compositrice et le Prix national de musique 2020, Raquel García-Tomás ; Joan Matabosch, directeur artistique du Teatro Real de Madrid ; le directeur musical du Grand Théâtre du Liceu de Barcelone, directeur honoraire de l’Orchestre national d’Espagne et Prix national de musique 1999, Josep Pons ; et la compositrice et soprano mexicaine, Prix de musique de la Ville de Munich (Landeshauptstadt München), Diana Syrse.

Le jury a distingué Helena Cánovas entre 39 candidatures de 15 pays, en mettant en valeur sa capacité de créer un langage de composition original avec sa propre voix dans l’opéra et spécifiquement dans les rapports avec la musique et le texte, ainsi que  sa vision de la scène et du théâtre. On a également apprécié le talent exceptionnel et un potentiel clair avec une approche caractérisée par sa sensibilité, sa fraîcheur, son engagement et son charisme, en considérant que, dans le futur, sa manière de composer peut devenir une voix importante et pesant lourd dans le monde de l’opéra.

Née à Tona (Barcelone) en 1994, Helena Cánovas Parés réside à Cologne (Allemagne), où elle poursuit sa formation. Elle a terminé récemment l’opéra Das Mädchen-All days future, commande du Theater Bielefeld et, depuis 2020, elle est la directrice artistique de l’Avantgarden Festival (Liedberg, Allemagne). Dans son discours, Cánovas s’est félicitée du fait que ce prix ait voulu miser sur le futur « Un prix créé pour investir dans les idées et dans les rêves. Je suis reconnaissante à ceux qui croient dans l’épanouissement et qui offrent des opportunités aux personnes comme moi tout en sachant que ce sera une aventure et en sachant aussi que les choses n’évolueront pas comme prévu ». Elle a ajouté « je suis satisfaite des choses que j’ai pu obtenir et je suis vraiment euphorique de fêter aujourd’hui qu’un prix m’ait été décerné, mais ce qui est le plus présent dans mon quotidien est tout ce qui va venir. Non pas la distinction en soi, mais l’opéra. Tout ce que je veux faire et tout ce que je veux apprendre. Toutes les fois que je vais encore commettre des erreurs. Tout ce qu’il me reste encore à faire ».

Après la remise de la pièce sculptée créée par l’artiste Santi Moix, inspirée dans la fleur de camélia en souvenir de Carmen Mateu, et élaborée par la joaillerie créative Bagués Masriera, dans les mains d’ Isabel Suqué Mateu, la lauréate a échangé des impressions avec Raquel García-Tomás sur le style de composition, la trajectoire professionnelle de la jeune compositrice, les défis pour les jeunes compositeurs et aussi sur la nouvelle composition qui verra le jour dans le cadre du Festival Castell de Peralada .

Quant à l’oeuvre, qui devra prévoir un nombre de solistes d’entre deux et cinq voix et un ensemble instrumental d’entre trois et sept musiciens, en accord avec la direction du Festival Castell de Peralada, Cánovas a expliqué qu’elle visite souvent l’histoire, la société et les coutumes comme thématiques de ses œuvres mais qu’elle trouve quelquefois étrange de parler de ces aspects dans un pays qui n’est pas le sien. C’est pourquoi elle a commencé à faire des recherches autour de textes existants qu’elle pourrait utiliser ou qui lui fourniraient un contexte, une narration. « En cherchant, j’ai ressenti le besoin de vouloir découvrir de par moi-même mais aussi de faire découvrir au public quelques joyaux perdus » et c’est ainsi qu’elle commence à chercher activement le travail de dramaturges et d’écrivains jusqu’à découvrir la Condesa de San Luis ». Non seulement elle centre son intérêt sur ce personnage, mais elle découvre également un groupe très intéressant de femmes qui ont écrit des textes théâtraux en Espagne autour des années 20-30 du siècle dernier. « Lorsque je lisais à leur sujet, ma propre fantaisie grandissait en imaginant comment seraient ces femmes, avec qui elles seraient en contact, comment elles parleraient, quels endroits elles visiteraient. Parallèlement, un titre de la Condesa de San Luis est resté dans mon imaginaire « Don Juan n’existe pas». Cánovas n’a pas encore pu arriver au texte qui semble avoir disparu mais elle ressent une profonde connexion avec ces femmes et ce texte existe déjà dans son imaginaire. Un texte qui, bien que n’ayant pas encore un librettiste, est en train de devenir un opéra, « l’opéra que je veux réaliser porte sur « Don Juan n’existe pas » mais il porte aussi sur la Comtesse de San Luis et toutes ces écrivaines et sur le fait d’exister et de disparaître, d’être une présence dans la fiction comme « Don Juan » ou être une présence sur Internet comme la comtesse, dont il semble que tout ce qui la concerne se soit évanoui à l’exception de son article dans la Wikipedia ».

Au cours de la cérémonie de remise de prix, le Leos Quartet et le baryton Ferran Albrich ont interprété pour la première fois « Amarga Once Again » une nouvelle composition d’Helena Cánovas qu’elle définit elle-même comme « un processus de recyclage à partir d’une pièce ancienne dans laquelle la composition ne peut pas seulement être pensée en notes et en rythmes.

Avec ce prix, la Fondation Castell de Peralada et le Festival Castell de Peralada ont renouvelé leur engagement dans la nouvelle création, à partir de laquelle un grand nombre de compositeurs, certains également présents dans cet acte comme Alberto García Demestres – Médaille d’honneur du Festival Castell de Peralada avec lequel Helena Cánovas dispensera aussi un tutorat -, Joan Magrané, Albert Guinovart, Agustí Charles, le français Philippe Fénelon, ont trouvé à Peralada un espace de liberté créative et musicale. Ont également assisté à l’acte Alex Ollé et Carlus Padrissa de La Fura del Baus, les directeurs Francesc Prat et Dani Espasa, ainsi que le contreténor Xavier Sabata.

L’acte a également compté sur l’intervention de Paul Dujardin, vice-président de l’European Festival Association, qui a loué l’esprit de création et de support aux jeunes talents de la Fondation et du Festival Castell de Peralada. Par ailleurs, Oriol Aguilà, directeur du Festival Castell de Peralada a souligné le besoin qu’ont les jeunes d’obtenir des opportunités et a affirmé que ce prix voit le jour avec la vocation de transformer et de « rendre possible l’impossible, de rendre possibles les rêves ».

 

La Fondation Castell de Peralada dispose de la collaboration des institutions Opera Europa et de l’Association Européenne des Festivals (EFA) dans la diffusion du prix.

Toute l’information, sur carmenmateuaward.com